BDI

Le Banquet des Idées est une association loi 1901 qui a pour objectif la promotion du débat autour de sujets déterminés en fonction de l’actualité politique et sociale en présence de personnalités diverses. L’association est idéologiquement neutre et indépendante. Elle se veut la garante de la représentation la plus complète des différents de courants de pensée dans le respect mutuel destinée à promouvoir le débat public.

 

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Jeudi 12 avril 2007

Le débat organisé sur l’avenir de Paris (Développement économique, urbanisme, «Grand Paris» : Quelle ambition pour Paris pour la prochaine décennie?) se tiendra le lundi 16 avril 2007 à 19h45 à l’adresse suivante :
Café-restaurant « l’apprenti »
257, avenue Daumesnil
75012 Paris
Salle au 1er étage
Métros : Michel Bizot, Porte Dorée (ligne n°8)
Service voiturier proposé par le café-restaurant
Ce débat se déroulera en présence de Jean-Luc Romero, conseiller régional (UMP) d’Île-de-France, ex-candidat à l’investiture UMP pour les élections municipales de 2008, président du jeune parti politique « Aujourd’hui autrement », auteur de l’ouvrage La nuit des petits couteaux – qui gagnera la bataille de Paris ? publié en 2006 aux éditions Jean-Claude Gawsewitch Editeur, et de Yves Contassot, Adjoint (Les Verts) au Maire de Paris chargé de l’environnement, de la propreté, des espaces verts et du traitement des déchets, ancien porte-parole national des Verts de 2003 à 2005, tête de liste des Verts en 2001 pour les élections municipales à Paris.

 

Autres intervenants en attente de confirmation.
Entrée libre, mais la consommation d'une boisson est souhaitable.
Inscription recommandée:
06.70.14.77.49. /
pybureau@yahoo.fr

 

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Vendredi 30 mars 2007

Un deuxième intervenant est confirmé : Yves Contassot.

Une courte biographie :

 

 

Yves Contassot est né en 1950.

 

Il est actuellement, au plan professionnel, chargé de mission auprès du secrétaire général à la Banque de France.

 

Au plan politique, il a été élu adjoint au Maire du 3e arrondissement en 1995. En 2001, il est tête de liste pour les Verts à Paris lors des élections municipales, et le parti écologiste remporte 12% des suffrages. Depuis 2001, il est adjoint (Les Verts) au Maire de Paris, chargé de l’environnement, de la propreté, des espaces verts et du traitement des déchets. Pour les élections législatives de juin 2007, il a été investi par le Conseil national des Verts pour affronter Françoise de Panafieu dans la 16ème circonscription de Paris.

 

De janvier 2003 à janvier 2005, il a été porte-parole national des Verts.

 

Son blog :
http://www.yvescontassot.eu/


Le site national des Verts :
http://www.lesverts.fr/


Le site des Verts de Paris :
http://paris.lesverts.fr/

 

D’autres intervenants seront ultérieurement confirmés.


Nous vous rappelons que le débat aura lieu le lundi 16 avril 2007 à 19h45 au :

Café-restaurant « l’Apprenti »

257, avenue Daumesnil

 

75012 Paris

Salle au 1er étage

Métros : Michel Bizot, Porte Dorée (ligne n°8)

Service voiturier proposé par le café-restaurant

 

 

 

 

 

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Vendredi 30 mars 2007

Compte-rendu du débat du débat du 30 janvier 2007 organisé conjointement par les associations "le Banquet des Idées" et "Respublica Nova" à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (Paris 7ème) sur le thème:

Quelles perspectives pour la gauche antilibérale?

Modération:

Pierre-Yves Bureau, Matthieu Caillat, Alain Parquet (Le Banquet des Idées) et Michaël Legrand (Respublica Nova)

Intervenants:

- Alain Krivine, fondateur et ancien porte-parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), ancien candidat à la Présidence de la République (1969 et 1974), ancien député européen (1999 - 2004).

- Jean-Luc Mélenchon, Sénateur PS de l'Essonne, ancien Ministre délégué à l'enseignement professionnel (2000 - 2002), Président de l'association politique "Pour la République Sociale".

Après une brève présentation des associations "Le Banquet des Idées" et "Respublica Nova", du thème du débat et des intervenants, les modérateurs ont interrogé Alain Krivine et Jean-Luc Mélenchon avant que ne s'instaure un débat plus informel entre les intervenants et le public présent dans l'amphithéâtre.

Jean-Luc Mélenchon s'est présenté à l'intérieur du mouvement des idées comme issu de "l'aile gauche du mouvement socialiste". Pour l'ancien Ministre socialiste de Lionel Jospin, la gauche libérale recoupe des réalités plurielles: elle serait "la résultante d'une gauche en réinvention" et serait caractérisée par le fait de se situer en rupture avec les orientations de la gauche dite "officielle".

Jean-Luc Mélenchon a rappelé l'effondrement du communisme d'Etat ainsi que ce qu'il estime être la faillite de la stratégie social-démocrate, un échec qui serait moins visible qu'en ce qui concerne le mouvement communiste. Le président de l'association "Pour la République Sociale" analyse l'effondrement de la stratégie social-démocrate en deux étapes, la première remontant à 1983 et à l'échec de la stratégie du programme commun de la gauche, à laquelle se serait substituée la construction européenne, la seconde étant caractérisée par l'avènement d'un capitalisme financier transnational "hostile à toute forme de régulation".

Revenant sur le projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe rejeté par une majorité de Français par référendum au printemps 2005, l'ancienne figure de proue socialiste du "non de gauche" a stigmatisé un texte mentionnant à maintes reprises le principe d'une concurrence libre et non faussée soutenu par l'essentiel des partis socialistes européens. "La faillite de la stratégie social-démocrate, vous l'avez sous les yeux en Europe", a déclaré le Sénateur de l'Essonne, citant tout à tour la politique de droite qui serait menée par le New Labour en Grande-Bretagne et la cogestion des sociaux-démocrates allemands avec la droite outre-Rhin "sans l'ombre d'une résistance au SPD". "Ces deux partis (Le New Labour britannique et le SPD allemand) sont les plus grands de l'Internationale Socialiste, les partis fondateurs", a indiqué Jean-Luc Mélenchon qui a ensuite déploré la cogestion des socialistes autrichiens avec la droite et celle des sociaux-démocrates slovaques avec l'extrême-droite, signalant au passage que l'Internationale Socialiste et le Parti Socialiste européen auraient tardé trois mois avant de suspendre le Parti Social-Démocrate slovaque. Autre exemple démontrant pour Jean-Luc Mélenchon la faillite de la social-démocratie, la récente réunion des seize Etats de l'Union européenne partisants du "oui" à la Constitution européenne, convoqués par un ministre socialiste espagnol sans aucune réaction des autres partis socialistes européens. Evoquant ensuite l'Amérique Latine où il a eu régulièrement l'occasion de voyager, Jean-Luc Mélenchon a cité deux exemples de gouvernements sociaux-démocrates au Venezuela et en Bolivie, où les autorités auraient réprimé violemment des émeutes populaires, décrivant ainsi une "forme caricaturale" de l'échec de la social-démocratie. L'ancien Ministre socialiste a ainsi conclu sa démonstration: "Tous les partis qui ne rompent pas avec la stratégie d'accompagnement du libéralisme sont condamnés un jour ou l'autre à affronter les populations".

Evoquant ses relations avec le mentor en politique d'Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélenchon  a indiqué qu'il se sentait souvent plus à l'aise avec Alain Krivine qu'avec bon nombre de ses camarades, rappelant notamment qu'il était engagé en faveur d'un socialisme de rupture et qu'il avait fait campagne pour le "non" à la Constitution européenne contre la direction du Parti Socialiste. Continuant à décrire son positionnement politique, le Sénateur de l'Essonne a cité le Linkspartei allemand, né d'une union entre l'aile gauche du SPD et des néo-communistes, indiquant que le parti dirigé par Oskar Lafontaine ne constituait pas pour lui un modèle politique mais représentait une indication politique du sens dans lequel il avance.

Se décrivant comme "un socialiste en rupture avec la stratégie du socialisme actuel", ce qui explique la difficulté de sa situation,, Jean-Luc Mélenchon a conclu sa première intervention en déclarant militer pour l'émergence d'une force politique nouvelle qui rompe avec les stratégies social-démocrates.

Prenant la parole pour sa première intervention, Alain Krivine l'a ainsi débutée: "A la différence de Mélenchon, je ne suis pas maso. Avec le discours que tu viens de tenir, on se demande ce que tu fous au PS, mais ça c'est peut-être un autre débat". L'ancien leader de mai 68 a ensuite indiqué qu'on assistait aujourd'hui en Europe à l'apparition d'une nouvelle gauche anticapitaliste (ou antilibérale mais Alain Krivine a précisé qu'il n'aimait pas ce terme car on peut être selon lui antilibéral et capitaliste, ce qui est le cas de bon nombre de dirigeants du PS, à l'instar de François Hollande qui se dit à juste titre antilibéral). Pour l'ancien porte-parole de la LCR, seul Jean-Marie Bockel (Maire PS de Mulhouse incarnant une sensibilité social-libérale au sein du Parti Socialiste) est jugé libéral.

Alain Krivine a ensuite indiqué que nous étions rentrés dans une nouvelle période de la mondialisation capitaliste, qui pousserait à l'extrême les deux critères de la société capitaliste: le profit et la concurrence. "Le patronat ne laisse plus de miettes à bouffer aux réformistes", a déclaré l'ancien parlementaire européen, ajoutant ensuite que la gauche et la droite conduisaient la même politique, étant donné que le patronat aurait besoin d'une telle politique. En parallèle d'un patronat qui ne laisserait plus aux sociaux-démocrates la possibilité de mettre en oeuvre des réformes, se développerait selon Alain  Krivine un arsenal répressif. Au nom de la lutte antiterroriste, tous les pays d'Europe se doteraient d'un arsenal répressif pour parer à une éventuelle résistance des jeunes, des femmes ou encore du mouvement syndical.

Un double phénomène est analysé par l'ex-député européen trotskyste: d'une part, alors que sévit une véritable guerre sociale, la social-démocratie européenne se social libéralise; d'autre part la social-libéralisation du PS français est plus lente que dans d'autres pays européens mais elle intervient petit à petit.

Estimant que s'instaure un début de résistance au capitalisme au moment où la gauche traditionnelle va à droite, Alain Krivine estime qu'il existe une place pour la nouvelle gauche anticapitaliste. Evoquant l'unité du mouvement altermondialiste, l'ancien leader de mai 68 constate que le slogan "le monde n'est pas une marchandise" arrive à rassembler et souder l'ensemble du mouvement altermondialiste. A contrario, alors que la critique des effets du capitalisme unit le courant altermondialiste, celui-ci est divisé quant au mot d'ordre "un autre monde est possible", à l'origine de nombreux débats.

Revenant sur le rejet de la Constitution européenne en 2005, Alain Krivine a déclaré que "voter non à la Constitution, c'est plus facile que de voter oui à un programme anticapitaliste".

"On a pas la même culture Krivine et moi dans la manière d'aborder les problèmes", a déclaré Jean-Luc Mélenchon suite à l'intervention de l'ancien leader de la LCR. Et de poursuivre qu'il n'existe pas selon lui d'opposition radicale entre réforme et révolution, prenant pour exemple le programme commun de la gauche qui prônait une rupture avec le capitalisme. Continuant sur cette thématique de la réforme et de la révolution, l'ancien Ministre de la gauche plurielle a déclaré préférer changer les choses par le biais des élections que de la révolution, tout en indiquant que si cette dernière constitue la seule possibilité de réformes, celle-ci ne doit pas être bannie.

Evoquant l'échec d'une candidature unitaire de la gauche antilibérale pour l'élection présidentielle du printemps 2007, Jean-Luc Mélenchon a déclaré: "Je pense que nous aurions pu nous entendre sur un programme commun de l'autre gauche". Précisant que 125 points de convergence avaient été trouvés, le Sénateur de l'Essonne a estimé qu'"on pouvait gouverner sur la base de ces 125 points".

Tentant de donner une définition du mot "révolution", Alain Krivine a indiqué qu'il la conçoit comme un renversement total en terme de répartition des richesses. Le caractère démocrate de la révolution serait garanti par le contrôle exercé par le monde du travail. Considérant en outre qu'être révolutionnaire consiste à révolutionner la société, l'ancien député européen propose d'"avoir comme indice la satisfaction des besoins des gens", et non les cotations boursières journalières, ajoutant que la réalisation de cette proposition s'avèrerait impossible dans le cadre du capitalisme. S'essayant à une définition de la mondialisation, Alain Krivine l'a décrite comme une "barbarisation du capitalisme".

Alain Krivine a ensuite critiqué le programme du PS du Mans, "un programme libéral" ne remettant pas en cause les privatisations de la droite et de Lionel Jospin. "Nous sommes contre participer à un gouvernement avec Ségolène et le PS", a affirmé l'ex leader de la LCR. "On ne veut pas recommencer la gauche plurielle", a-t-il rajouté avant de préciser: "On est prêts à faire plein de choses en commun avec le PS (grèves, etc.), mais pas d'aller au gouvernement". Il s'agirait par conséquent pour la LCR d'un soutien au cas par cas, son objectif restant la création d'une "vraie gauche, une gauche de rupture".

Concernant les relations entre la LCR et le PCF, Alain Krivine a pointé les désaccords sur la hausse du SMIC (tout de suite brut pour Marie-George Buffet, tout de suite net pour la LCR), les OGM, l'EPR, le nucléaire, etc. Existe par ailleurs un désaccord sur la stratégie et des logiques d'appareil distinctes, la LCR ne comptant parmi ses rangs que 53 élus, a contrario du Parti Communiste. "C'était prévisible que le front pète" a déclaré Alain Krivine. "La gauche antilibérale telle qu'elle est est en miettes (...) Chacun est rentré chez soi", a pour sa part regretté Jean-Luc Mélenchon.

Proche en cela d'Alain Krivine, le Sénateur de l'Essonne a proposé de "substituer des indices de développement humain aux indices de l'accumulation".

Voulant illustrer ce qu'il appelle une "refondation républicaine de la société", Jean-Luc Mélenchon a pris les exemples du Venezuela, de la Bolivie et de l'Equateur où est en train de se mettre en place une nouvelle grille de répartition de la richesse (pétrole et gaz essentiellement).

Le débat s'est poursuivi entre les deux intervenants et les modérateurs, avant de laisser la place aux questions du public.


 

P.-Y. B.

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Mercredi 21 mars 2007

Le débat prévu sur l’avenir de Paris (Développement économique, urbanisme, «Grand Paris» : Quelle ambition pour Paris pour la prochaine décennie ?) se tiendra le lundi 16 avril 2007 à 19h45 à l’adresse suivante :

 

Café-restaurant « l’apprenti »

 

257, avenue Daumesnil

 

75012 Paris

 

Salle au 1er étage

 

Métros : Michel Bizot, Porte Dorée (ligne n°8)

 

Service voiturier proposé par le café-restaurant

 

Ce débat se déroulera en présence de Jean-Luc Romero, conseiller régional (UMP) d’Île-de-France, ex-candidat à l’investiture UMP pour les élections municipales de 2008, président du jeune parti politique « Aujourd’hui autrement », auteur de l’ouvrage La nuit des petits couteaux – qui gagnera la bataille de Paris ? publié en 2006 aux éditions Jean-Claude Gawsewitch Editeur. Jean-Luc Romero fait dans cet ouvrage un certain nombre de propositions pour un «Paris, Autrement» et raconte comment il a été « évincé » de la primaire qui s’est tenue au sein de l’UMP pour désigner le candidat à la Mairie de Paris pour 2008.

 

Habitant du 12ème arrondissement depuis de nombreuses années, Jean-Luc Romero est par ailleurs candidat à l’investiture UMP pour les élections législatives du printemps 2007 dans la circonscription couvrant le 12ème arrondissement. 

 

Président fondateur de l’association « Elus locaux contre le SIDA » depuis 1995, Jean-Luc Romero est engagé dans de nombreuses causes telles que la lutte contre le SIDA, le droit de mourir dans la dignité ou encore la reconnaissance du droit à l’adoption pour les couples du même sexe.

 

Pour en savoir plus sur son parcours :

 

http://www.jeanluc-romero.com/index.php?module=1&article=57&col_type=2&col_parm=4

 

L’entrée est uniquement conditionnée à la consommation d’une boisson.

 

Les noms des autres participants confirmés au débat seront prochainement indiqués sur ce blog. 

 

 

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Mardi 27 février 2007

  « La fin de l’ère du pétrole : quel avenir pour notre société ? »

 

Compte-rendu du débat organisé le mercredi 24 janvier 2007 à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris par les associations « Le Banquet des Idées » et « Respublica Nova »

 

Intervenants :

 

Jean-Michel Gires, directeur du développement durable et de l'environnement du groupe Total ;

 

 Corinne Lepage, avocate, ancien Ministre de l’Environnement (1995-1997), présidente de CAP 21 ;

 

 Corentin de Salle, directeur de l'Atlantis Institute (think tank d'inspiration libérale) ;

 

 Jean-Luc Wingert, ingénieur conseil spécialiste des question énergétiques et du développement durable, auteur en 2005 de l’ouvrage La Vie après le pétrole (éditions Autrement).

 

Modération :

 

Pierre-Yves Bureau (Banquet des Idées) et Hélène Rossary (Respublica Nova)

 

La notion déterminante pour envisager les limites futures à l’exploitation pétrolière est celle de « pic de production », qui correspond au moment où le flux de pétrole atteint son maximum, et qui constitue un tournant puisque par définition, l’extraction de pétrole ne peut à partir de ce moment que décroître. Pour Jean-Luc Wingert, ce pic devrait intervenir vers 2015.

 

Jean-Michel Gires, tout en confirmant la pertinence de cette notion, avance une date légèrement plus tardive pour la survenance du pic de production (qu’il situe entre 2020 et 2025) et rappelle que ce pic ne correspond qu’à la consommation de la moitié des réserves pétrolières. Si les tensions actuelles sur les prix sont le résultat de facteurs conjoncturels, Jean-Michel Gires anticipe que la forte croissance des énergies chinoise, indienne et brésilienne va effectivement se traduire par un choc de demande dont résultera une hausse durable des prix de l’or noir.

 

Corentin de Salle adopte une approche moins affirmative, rappelant que l’extrapolation des perspectives d’avenir par le passé sont hasardeuses et ont conduit le Club de Rome dans les années 70 à situer la fin du pétrole au début des années 90. Pour Corentin de Salle, il est inutile de trop s’appesantir sur l’évaluation de la quantité de pétrole dont nous disposons, alors que ce qui nous intéresse est l’étendue de l’usage que nous pourrons en faire, qui dépend lui des évolutions technologiques qui verront le jour dans nos sociétés. Ainsi pour Corentin de Salle, si les matières premières sont limitées à stock de matière physique, les ressources naturelles qu’on peut en extraire, sont, comme l’inventivité humaine qui permet des les exploiter, illimitées. Il n’est ainsi pas certain que les activités humaines nécessitent un jour d’exploiter le pétrole jusqu’à épuisement.

 

Corinne Lepage s’oppose à cette conception illimitée de la ressource et anticipe au contraire l’émergence au cours de ce siècle d’une « économie de la pénurie ». L’ancienne ministre de l’Environnement souligne les inquiétantes variations des évaluations des stocks de pétrole, et au-delà de la disponibilité de cette ressource, rappelle les dangers environnementaux que revêtiraient une exploitation totale du pétrole existant, l’impact économique désastreux du réchauffement climatique dû à la combustion des énergies fossiles ayant récemment été souligné par le rapport Stern.

 

Dans certains domaines, le pétrole n’a aujourd’hui quasiment pas d’énergie de substitution, et c’est en particulier le cas du transport. Il est dès lors nécessaire de développer des solutions alternatives. JMG rappelle l’implication de son groupe dans ce domaine, avec l’addition de bio-carburants et le développement de carburants synthétiques issus du charbon. Mais Jean-Michel Gires rappelle également qu’un milliard d’êtres humains sont en passe d’accéder au mode de vie du milliard d’habitants des pays développés. Le pétrole ne pourra satisfaire une telle demande, et Corinne Lepage, Jean-Michel Gires et Jean-Luc Wingert s’accordent sur la nécessité changer nos habitudes actuelles. Corinne Lepage avance que dans une réduction par quatre des émissions de gaz à effets de serre (objectif du protocole de Kyoto), près de 40% auraient pour origine des économies d’énergie, le reste provenant d’énergies de substitution. Jean-Luc Wingert défend la nécessité de réduire cette consommation mais souligne les difficultés de mise en œuvre d’une politique poursuivant cet objectif : nos sociétés ne sont pas préparées à subir une limitation de la consommation énergétique et les instruments techniques d’une politique publique de taxation seraient très délicats à mettre en œuvre. Une « innovation sociale » est donc nécessaire, qui passe par une meilleure appropriation par le plus grand nombre des concepts de pic de production et de ses conséquences.

 

Corentin de Salle s’oppose à cette conception : la ressource énergétique n’étant pas limitée dans ses modes d’exploitation, il n’y a pas de raison de céder au pessimisme alors que les substituts n’ont jusque-là jamais manqué, et de s’infliger un rationnement qui n’est en réalité que l’habillage d’une vision moraliste de nos sociétés.

 

L’action publique a cependant sa place et pour Corinne Lepage, et elle doit passer par une internalisation des coûts externes, c’est-à-dire la prise en compte dans nos mécanismes de prix des conséquences pour la collectivité des comportements individuels. Ce rééquilibrage de la relation individu / collectivité aboutira à un changement profond de nos sociétés, dont les habitudes de consommation changeront. Il ne s’agirait pas d’un changement quantitatif, allant vers une réduction de la consommation, mais d’une évolution qualitative, pour l’avènement d’une société moins axée sur le jetable et valorisant plus le service. Mais ces changements ne peuvent être organisés que dans un horizon de temps de l’ordre d’une génération, beaucoup trop long pour avoir une place dans les stratégies « court-termistes » que les politiques privilégient aujourd’hui. Cette vision est proche de celle de Jean-Luc Wingert, qui pour dépasser le « court-termisme » qui empêche nos sociétés d’anticiper la possible diminution brutale du pétrole disponible, est favorable à un « plan Marshall » de l’énergie.

 

Tout en respectant les modes de vie moins consuméristes, Corentin de Salle réaffirme l’idéal de liberté du libéralisme, et s’oppose aux restrictions qui pourraient être imposées pour économiser l’énergie ou limiter le réchauffement climatique. Sans remettre en cause la nécessaire prise en compte des enjeux écologiques, Corentin de Salle donne la priorité au développement du Tiers-Monde et à la transmission aux générations à venir d’une société à forte capacité d’innovation. Hors, notre mode de vie actuel alimente pour Corentin de Salle ces deux objectifs : la croissance des pays les plus avancés est favorable au développement des pays les  moins riches, et la consommation est source d’inventivité.

 

Jean-Michel Gires adopte une position médiane : sans parler d’un changement de nos modes de vie radical et imposé par la force publique, nos sociétés devraient aller vers une « économie de la sobriété », car une forte réduction de notre consommation est possible sans changement majeur en limitant simplement le gaspillage. Pour Jean-Michel Gires, les entreprises ont elles aussi un rôle à jouer, et Total, par son implication croissante dans les énergies autres que fossile, contibue à « faire durer » le pétrole.   MC

 

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