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Le Banquet des Idées est une association loi 1901 qui a pour objectif la promotion du débat autour de sujets déterminés en fonction de l’actualité politique et sociale en présence de personnalités diverses. L’association est idéologiquement neutre et indépendante. Elle se veut la garante de la représentation la plus complète des différents de courants de pensée dans le respect mutuel destinée à promouvoir le débat public.
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Le Bouillon d'Idées n°3 vient de paraître.
Voici la première page, si vous désirez l'avoir en entier, merci d'envoyer un email à : banquetdidees@yahoo.fr , nous vous l'enverrons alors en intégralité.


Roselyne BACHELOT-NARQUIN, Agathe VAN LANG, Jean-Paul OURY et Martine BILLARD (copyright photographie: GA 2006)
Résumé du débat du 19 juin 2006 organisé par l’association « Le Banquet des Idées » au Comptoir des Saints Pères :
« Santé, Environnement : appliquer le principe de précaution ? »
Intervenants :
Roselyne BACHELOT-NARQUIN, Députée UMP-PPE au Parlement européen, ancien Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable (2002-2004), Secrétaire Générale adjointe de l’UMP ;
Martine BILLARD, Députée (Les Verts) de Paris ;
Jean-Paul OURY, porte-parole « Environnement » d’Alternative Libérale, Docteur en histoire des sciences et technologies et auteur de l’ouvrage La querelle des OGM (PUF) ;
Agathe VAN LANG, Professeur à l’université de La Rochelle, spécialiste en Droit de l’environnement. Modérateurs : Le débat a débuté par un rappel des origines du principe de précaution par Roselyne BACHELOT-NARQUIN. S’il est évoqué dès les années 70 dans différentes conventions et protocoles (Genève, Montréal), il n’est pleinement affirmé au niveau international qu’en 1992, à l’article 15 de
La constitutionnalisation de ce principe représente pour Roselyne BACHELOT-NARQUIN un « troisième pacte républicain » après
Martine BILLARD appuie la décision de constitutionnalisation en rappelant les grands scandales de la fin du XXème siècle au premier rang desquels la crise de l’amiante et celle de la vache folle, qui démontrent la nécessité d’une plus grande vigilance dans l’appréhension des risques liés à l’activité humaine. La députée de Paris insiste sur la nécessité d’être extrêmement précautionneux dans la validation de choix qui engagent l’avenir de la planète et donc de l’humanité. Le principe de précaution, même s’il ne vas pas assez loin dans sa forme actuelle, marque ainsi une réappropriation des débats par les citoyens, trop souvent exclus par le passé au profit d’experts en qui les populations ont perdu confiance après les grands scandales qui ont mis en cause leur impartialité.
Sans s’opposer à la nécessité d’une certaine prudence, Jean-Paul OURY dénonce la méthode inhérente au principe de précaution, qui laisse à des instances publiques la possibilité d’interdire une démarche industrielle ou de recherche sans avoir à étayer cette décision en apportant des preuves de leur nocivité. Pour l’auteur de l’ouvrage La querelle des OGM (PUF, 2006), les débats d’experts doivent primer car sur des sujets aussi techniques, l’opinion publique ne peut pas être assez éclairée pour échapper aux manipulations de groupes de pression politisés. Le principe de précaution enferme ainsi la communauté scientifique dans une suspicion officialisée qui discrédite son discours rationnel au profit de positions dérivées d’idéologies. Seule une approche pragmatique au cas par cas qui accepte le risque peut échapper à l’arbitraire d’une décision issue de la polémique publique. Le porte-parole sur les questions environnementales du tout jeune parti Alternative Libérale insiste sur le caractère intrinsèquement indémontrable du risque zéro : comment en effet apporter la preuve de l’innocuité de conséquences qui par définition sont inconnues ? S’opposant à cette vision assez abstraite, Martine BILLARD donne l’exemple de la libération dans l’atmosphère de produits chimiques. Il n’est pas là question de bloquer ces rejets sous prétexte d’un risque théorique d’une nature non identifiée, mais de s’assurer très concrètement que les substances incriminées ne sont pas néfastes à la santé humaine. L’innocuité redevient dès lors démontrable et le principe de précaution permet simplement d’éviter que l’irréparable soit commis le temps que les études nécessaires soient menées. Deux conceptions s’affrontent ainsi, l’une faisant confiance à la responsabilité des scientifiques et ne prônant l’intervention de la puissance publique seulement dans le cadre d’un principe de subsidiarité, l’autre renversant la charge de la preuve et donnant à l’Etat la responsabilité de trancher dans le cas où des dommages graves et irréversibles sont en jeu, car ils dépassent largement les intérêts des acteurs économiques.
Roselyne BACHELOT-NARQUIN rappelle cependant que le principe de précaution tel qu’il figure dans
Mais la remise en cause de notre mode de vie au nom de dangers non avérés est-elle réaliste ? Les intervenants insistent sur la différence entre principe de précaution et principe de prévention. Les grandes crises comme l’amiante relèvent de ce second principe puisque les dangers sont identifiés. Dans le cas du principe de précaution lui-même, les intervenants s’accordent à défendre un principe de proportionnalité : les restrictions que la société s’impose doivent être en rapport avec l’utilité des pratiques mises en cause. Mais ce consensus du point de vue qualitatif disparaît lorsque la question quantitative de l’équilibre risque / bénéfice surgit. Et pour cause, les intervenants n’ont pas tous la même aversion au risque. Pour Jean-Paul OURY, le principe de précaution ne respecte pas cet équilibre puisque la recherche, qui revêt une importance supérieure, peut être stoppée au nom du principe de précaution. Ainsi, ce principe peut avoir des effets contreproductifs puisqu’il est susceptible d’empêcher l’émergence de solutions plus sûres pour l’environnement et l’humanité.
Jean-Paul OURY lui oppose ainsi l’« impératif d’audace ». Ce danger est particulièrement criant en matière de recherche médicale, mais Roselyne BACHELOT-NARQUIN rappelle que le principe de précaution se limite justement à l’environnement. La députée européenne attire également l’attention sur le fait que l’article 9 de
Mais Agathe VAN LANG modère les certitudes de Roselyne BACHELOT-NARQUIN sur le champ d’application du principe de précaution par le Conseil Constitutionnel, qui pourrait l’étendre aux questions de santé, qui sont souvent assimilables. En spécialiste du droit, Agathe VAN LANG juge que le principe de précaution se trouve sacralisé alors qu’il est juridiquement mal établi, ce qui crée une incertitude juridique.
La soirée s’est achevée par un débat spontané entre les intervenants et le public. M.C.
Pierre-Yves BUREAU et Alain PARQUET
Vous êtes toutes et tous les bienvenu(e)s au prochain débat organisé par l’association «le banquet des idées » :
« Santé, environnement : appliquer le principe de précaution ? »
Ce débat se déroulera le lundi 19 juin 2006 à 20h à l’adresse suivante :
Le Comptoir des Saints-Pères
29, rue des Saints-Pères
75006 PARIS
Métro : Saint-Germain-des-Prés (ligne 4)
La participation des intervenants dont les noms suivent est confirmée :
Roselyne BACHELOT-NARQUIN, Députée UMP-PPE au Parlement européen, ancien Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable (2002-2004), Secrétaire Générale adjointe de l’UMP ;
Martine BILLARD, Députée (Les Verts) de Paris ;
Jean-Paul OURY, porte-parole « Environnement » d’Alternative Libérale, Docteur en histoire des sciences et technologies et auteur de l’ouvrage La querelle des OGM (PUF) ;
Agathe VAN LANG, Professeur à l’université de La Rochelle, spécialiste en Droit de l’environnement.
Comme pour un café-philo, l’entrée est uniquement conditionnée à la consommation d’une boisson (soit un coût minimum de 2,30€ par personne).
Renseignements et inscriptions : Pierre-Yves Bureau (Téléphone ou SMS : 06.70.14.77.49. / Courriel : pybureau@bdinet.info)
En savoir plus sur le Banquet des Idées : www.bdinet.info
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